ORADOUR.

A Oradour il y a deux villages comme quand un homme et une femme se promènent avec leur ombre.
Un village qui ouvre ses volets le matin, un village qui n'a plus de volets ni de fenêtres.
Un village qui a ses enfants à l'école, un village qui a ses enfants au cimetière.
A Oradour, le printemps arrive dans les deux villages, ce qui peut surprendre avec ses fleurs, son herbe, ses feuilles, sa vie toute verte.
A Oradour, il y a une rivière qui donne son nom aux deux villages, la Glane. Une rivière bien cachée et très habitée par des martins-pêcheurs aux ailes bleues, par un petit oiseau qui marche tranquillement au fond de l'eau, par la loutre et ses moustaches blanches. Une rivière vivante avec des truites, des sandres, des brochets, des pêcheurs aux bottes vertes aussi silencieux et ancrés au sol que des arbres. Une rivière fréquentée par des promeneurs qui suivent les pas d'autres marcheurs, les ombres de ceux qui vivaient ici, garagiste, couturière, jeune homme en casquette, conducteur, ouvrier, jeune fil

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